Bastien Lallemant : Les premiers instants

Bastien Lallemant n'est pas le plus connu des chanteurs écorchés. Peut être parce qu'il n'y met pas le ton. A l'instar d'un Miossec pourtant, l'homme que voilà nous parle de près des aléas tortueux des amours humains. Sur un ton différent.

Guitare sèche, toute sèche comme sortie de chez le père Brassens. Et puis c'est tout. Les autres cordes sont vocales. Phrasé impeccable, un brin guilleret mais surtout lucide et implacable. Mais pour parler de quoi au juste ? De l'enfermement amoureux, de la tentation, de la jalousie. Seule ombre au tableau de ces premiers instants, le titre Les babouches sonne comme fort niais. Il est pourtant peut être d'une sincérité désarmante.

Plus consistants, les textes d'une chanson comme Le verrou nous emmènent aux confins de la jalousie possessive. Le reste de l'album se veut doucement mélancolique et résolument axé sur la dualité homme/femme et tout ce que ce genre peut engendrer. Musicalité esthétique et sans surprises, Les premiers instants s'aborde comme de la musique d'initiés un soupçon intello. Quelques envolées de refrains sont fredonnables sans jamais céder au petit air chansonnier et chansonnable.

Avec des paroles classieuses et recherchées donc, une ambiance unique et bien campée. Plus triste qu'un Vincent Delerm et plus gai qu'un Mano Solo. Ce qui, entre nous, n'est pas si mal. Un album qui ne peut que réveiller l'intérêt des amateurs de chansons à textes. / http://www.myspace.com/bastienlallemant

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